Mercredi 28 octobre 2009
Sans contrefaçons
Toute sa vie durant, Bélinda avait oeuvré pour la veuve et l'orphelin, elle était même marraine d'un petit burkinabé âgé de 6 mois à peine. Se sachant définitivement stérile et désirant la maternité plus que tout au monde, elle songeait à l'adoption, cependant, pour ce faire, il lui fallait un conjoint, selon les dires de l'assistante sociale en charge de son dossier.
Seule dans ce loft mal chauffé et sinistre, Bélinda errait comme un âme en peine, à la recherche d'un objet auquel elle tenait précieusement étant enfant. Un hochet de bois rosé représentant un clown avec un parapluie, offert par sa propre marraine lorsqu'elle n'avait que quelques jours. C'est sur une vieille étagère au fond du cellier qu'elle mit la main dessus au bout de plusieurs heures, et soudain son visage se mit à nouveau à rayonner. Quel plaisir se serait de voir un jour son propre enfant le tenir et jouer avec.
Comme pour faire ses courses et pour ne pas oublier quoi que se soit, elle fit une liste de ce à quoi pourrait ressembler son futur :
-St-Malo ou pas St-Malo ?(Ils ont des chapeaux...vive les bretons...)
-Marco est il l'homme de sa vie ?(?)
-Marco est il le fameux "conjoint"?(là, on est pas loin de la vérité !)
-Démissionner et envoyer péter le Rédac'?(le pied !!!)
-"free Lance"et être mon patron (pas mal ça dis donc!)
- le téléphone est en train de sonner(pourquoi j'écris ça moi???....)
Le téléphone sonne disait la petite voix sur son épaule....
-OUI!!!...c'est toi Marco, c'est marrant transmission de pensées, j'imaginais mon futur et tu appelles...
Une voix sanglotante et chevrotante à l'autre bout du fil ...
-C'est affreux, je suis perdu...personne ne va me croire...ils ne vont pas me lâcher de si tôt... je suis en garde à vue... ils ont retrouvé un corps dans la baie du "Fou"et concluent que c'est celui de ma...Elle est morte Bélinda, c'est bien elle, tout le prouve, ses habits, sa montre, ses cheveux...viens s'il te plaît j'ai besoin de toi...
Parfois la vie est pleine de rebondissement, un matin on se lève, on trouve un mot sur sa terrasse, on tombe amoureux, et on se retrouve dans un train une valise de fortune à la main, avec son destin en guise de passeport...Le temps passe à une telle vitesse dans ces moments là, il faut agir vite et bien, remettre un semblant d'ordre dans ses notes et penser déjà à une plaidoirie, comme si l'on allait devoir se justifier, cependant c'est du soutient que cet homme avait besoin pour le moment.
Un bureau lugubre et sombre, Bélinda assise sur un fauteuil de fortune avait froid, un courant d'air venait vicieusement lécher sa courte jupe en tweed. Une longue heure d'attente plus tard, un mulet vint en fin à sa hauteur,et très courtoisement lui proposer un café...
-Merci c'est gentil, mais je voulais prendre des nouvelles de Marco... Je ne connais que son prénom...enfin, je suis journaliste mais je ne viens pas faire mon article...je veux voir Marco...
-Calmez vous ma petite dame, je connais Marco, tout le monde connaît Marco ici...il est le digne fils de l'ancien Maire de St-Malo, tenez, moi, je l'ai vu grandir, j'ai même failli épouser sa mère jadis...
Bélinda fondit en larmes, les nerfs un peu trop à dure épreuve...
-Venez vous asseoir jeune fille et détendez vous, Marco ne risque rien, il est juste entendu en temps que témoin, vous comprenez il est la dernière personne à avoir vu Angéla en vie et...
-Angéla vous dites!!!Elle s'appelait Angéla, vous êtes sûr?
-Ben oui! pourquoi, vous la connaissiez?
-Non, non, c'est juste le prénom de ma mère, c'est surprenant c'est tout, et vu les circonstances, je suis sous le choc, veuillez excuser ma confusion, je suis très lasse...et...Oh....
Bélinda venait de s'effondrer à terre dans un lourd fracas...
Certainement le voyage et les soucis engendrés par cette affaire, et puis, le prénom "Angéla", comme par mystère, celui d'une mère trop tôt disparue lors d'une sortie en mer et dont le corps n'avait pas pu être repêché malheureusement. La pire tragédie pour une adolescente qui à quinze ans avait du apprendre la vie avec un père trop peu intéressé par le combat que peuvent vivre les jeunes à cet âge là, et puis le remariage avec une marâtre très précieuse et nombriliste ne pensant qu'à son prochain lifting plutôt qu'aux mauvais résultats scolaires de sa belle-fille.
-Bélinda, ouvre les yeux s'il te plaît...mon amour, respire à fond...Bélinda...
Quelques petites baffes plus tard, Bélinda revint à elle, une drôle d'odeur de vinaigre dans les narines....
-Que s'est-il passé, j'ai dû m'évanouir...Marco c'est toi, ils t'ont laissé partir, alors tu n'es pas inculpé, je le savais...
-Non, ne t'inquiètes pas je vais bien, mais ce n'est pas fini, je n'ai pas d'alibis tangibles pour cette journée, le seul témoin que j'ai c'est le vent soufflant très fort ce jour là...mais pour l'instant, il faut que tu manges quelque chose, je suis sûr que ton malaise est dû à un manque de sucre, rentrons à la maison, je vais te préparer une bonne omelette...
-Dis moi, tu ne m'avais pas dit que ta femme s'appelait Angéla...
-Et alors ....
-C'est bizarre, c'était le prénom de ma mère...
-Et...
-Ma mère a disparu en mer et on jamais retrouvé son corps...
Tout long que fut le trajet, le silence régna dans la voiture, le paysage défilait à vive allure et une légère averse venait de s'abattre sur la pointe de la falaise...
La pièce était imprégnée du doux parfum de Marco et tempérée par le feu dans la cheminée pas encore tout à fait éteint.
-Tu devrais te mettre à l'aise et t'étendre sur le sofa le temps que je cuisine, ce ne sera pas long, je suis content que tu sois là...
Il enlaça Bélinda très longuement tout en recoiffant sa longue chevelure rousse...
-Moi aussi Marco, j'ai plein d'idées à te soumettre mais avant je dois éclaircir quelques zones d'ombre à ton sujet...
-Je ne suis pas un criminel, si c'est ce que tu veux savoir, j'étais juste là au mauvais endroit, au mauvais moment c'est tout.
-Mais je te crois, mais comment as-tu rencontré Angéla, à quelle époque et quel âge avait elle?
Saisissant une chaise par son dossier pour s'y asseoir, Marco prit un verre de vin qu'il avait du commencer à boire un peu plus tôt...
-Si tu veux tout savoir, Angéla était la fille du Potier du village, elle m'était promise depuis sa plus tendre enfance, nos parents respectifs se détestaient cordialement et nous nous voyions en cachette après l'école et dans le creux d'un vieux chêne les week-end et vacances et puis un jour elle est parti en faculté de droit à Aix en Provence et n'était plus jamais revenue jusqu'au printemps 2001, année de la mort de sa mère, son père étant devenu dépendant et sénile et notre relation a vu le jour et avons pu vivre notre amour au grand jour....Satisfaite ou non?
-Bon, je note ,valide et atteste que tu n'es pas un criminel, mais un homme dans lequel on ne peut pas lire comme dans un livre, mais derrière ce faciès de marbre se cache un sacré romantique, tu devrais te laisser aller à la confidence comme tu viens de le faire, un peu plus souvent, afin de reprendre confiance en toi...et oui, je suis satisfaite par tant de clarté...
L'omelette était bien tombée et le vin qui l'accompagnait, aussi...
-Demain matin, nous irons voir le toubib "Charlie", c'est un ami, il faut qu'il t'examine, tu es très pâle...
-Si tu veux, je suis fatiguée c'est le surmenage, de toute façon, j'ai décidé de lever le pied et prendre du recul, je vais accepter ta proposition, enfin, si tu veux encore de moi à tes côtés... faisons un essai, un petit bout de chemin ensemble...
-Biensûr que je le veux, je crois que je t'aime...
à suivre...
Toute sa vie durant, Bélinda avait oeuvré pour la veuve et l'orphelin, elle était même marraine d'un petit burkinabé âgé de 6 mois à peine. Se sachant définitivement stérile et désirant la maternité plus que tout au monde, elle songeait à l'adoption, cependant, pour ce faire, il lui fallait un conjoint, selon les dires de l'assistante sociale en charge de son dossier.
Seule dans ce loft mal chauffé et sinistre, Bélinda errait comme un âme en peine, à la recherche d'un objet auquel elle tenait précieusement étant enfant. Un hochet de bois rosé représentant un clown avec un parapluie, offert par sa propre marraine lorsqu'elle n'avait que quelques jours. C'est sur une vieille étagère au fond du cellier qu'elle mit la main dessus au bout de plusieurs heures, et soudain son visage se mit à nouveau à rayonner. Quel plaisir se serait de voir un jour son propre enfant le tenir et jouer avec.
Comme pour faire ses courses et pour ne pas oublier quoi que se soit, elle fit une liste de ce à quoi pourrait ressembler son futur :
-St-Malo ou pas St-Malo ?(Ils ont des chapeaux...vive les bretons...)
-Marco est il l'homme de sa vie ?(?)
-Marco est il le fameux "conjoint"?(là, on est pas loin de la vérité !)
-Démissionner et envoyer péter le Rédac'?(le pied !!!)
-"free Lance"et être mon patron (pas mal ça dis donc!)
- le téléphone est en train de sonner(pourquoi j'écris ça moi???....)
Le téléphone sonne disait la petite voix sur son épaule....
-OUI!!!...c'est toi Marco, c'est marrant transmission de pensées, j'imaginais mon futur et tu appelles...
Une voix sanglotante et chevrotante à l'autre bout du fil ...
-C'est affreux, je suis perdu...personne ne va me croire...ils ne vont pas me lâcher de si tôt... je suis en garde à vue... ils ont retrouvé un corps dans la baie du "Fou"et concluent que c'est celui de ma...Elle est morte Bélinda, c'est bien elle, tout le prouve, ses habits, sa montre, ses cheveux...viens s'il te plaît j'ai besoin de toi...
Parfois la vie est pleine de rebondissement, un matin on se lève, on trouve un mot sur sa terrasse, on tombe amoureux, et on se retrouve dans un train une valise de fortune à la main, avec son destin en guise de passeport...Le temps passe à une telle vitesse dans ces moments là, il faut agir vite et bien, remettre un semblant d'ordre dans ses notes et penser déjà à une plaidoirie, comme si l'on allait devoir se justifier, cependant c'est du soutient que cet homme avait besoin pour le moment.
Un bureau lugubre et sombre, Bélinda assise sur un fauteuil de fortune avait froid, un courant d'air venait vicieusement lécher sa courte jupe en tweed. Une longue heure d'attente plus tard, un mulet vint en fin à sa hauteur,et très courtoisement lui proposer un café...
-Merci c'est gentil, mais je voulais prendre des nouvelles de Marco... Je ne connais que son prénom...enfin, je suis journaliste mais je ne viens pas faire mon article...je veux voir Marco...
-Calmez vous ma petite dame, je connais Marco, tout le monde connaît Marco ici...il est le digne fils de l'ancien Maire de St-Malo, tenez, moi, je l'ai vu grandir, j'ai même failli épouser sa mère jadis...
Bélinda fondit en larmes, les nerfs un peu trop à dure épreuve...
-Venez vous asseoir jeune fille et détendez vous, Marco ne risque rien, il est juste entendu en temps que témoin, vous comprenez il est la dernière personne à avoir vu Angéla en vie et...
-Angéla vous dites!!!Elle s'appelait Angéla, vous êtes sûr?
-Ben oui! pourquoi, vous la connaissiez?
-Non, non, c'est juste le prénom de ma mère, c'est surprenant c'est tout, et vu les circonstances, je suis sous le choc, veuillez excuser ma confusion, je suis très lasse...et...Oh....
Bélinda venait de s'effondrer à terre dans un lourd fracas...
Certainement le voyage et les soucis engendrés par cette affaire, et puis, le prénom "Angéla", comme par mystère, celui d'une mère trop tôt disparue lors d'une sortie en mer et dont le corps n'avait pas pu être repêché malheureusement. La pire tragédie pour une adolescente qui à quinze ans avait du apprendre la vie avec un père trop peu intéressé par le combat que peuvent vivre les jeunes à cet âge là, et puis le remariage avec une marâtre très précieuse et nombriliste ne pensant qu'à son prochain lifting plutôt qu'aux mauvais résultats scolaires de sa belle-fille.
-Bélinda, ouvre les yeux s'il te plaît...mon amour, respire à fond...Bélinda...
Quelques petites baffes plus tard, Bélinda revint à elle, une drôle d'odeur de vinaigre dans les narines....
-Que s'est-il passé, j'ai dû m'évanouir...Marco c'est toi, ils t'ont laissé partir, alors tu n'es pas inculpé, je le savais...
-Non, ne t'inquiètes pas je vais bien, mais ce n'est pas fini, je n'ai pas d'alibis tangibles pour cette journée, le seul témoin que j'ai c'est le vent soufflant très fort ce jour là...mais pour l'instant, il faut que tu manges quelque chose, je suis sûr que ton malaise est dû à un manque de sucre, rentrons à la maison, je vais te préparer une bonne omelette...
-Dis moi, tu ne m'avais pas dit que ta femme s'appelait Angéla...
-Et alors ....
-C'est bizarre, c'était le prénom de ma mère...
-Et...
-Ma mère a disparu en mer et on jamais retrouvé son corps...
Tout long que fut le trajet, le silence régna dans la voiture, le paysage défilait à vive allure et une légère averse venait de s'abattre sur la pointe de la falaise...
La pièce était imprégnée du doux parfum de Marco et tempérée par le feu dans la cheminée pas encore tout à fait éteint.
-Tu devrais te mettre à l'aise et t'étendre sur le sofa le temps que je cuisine, ce ne sera pas long, je suis content que tu sois là...
Il enlaça Bélinda très longuement tout en recoiffant sa longue chevelure rousse...
-Moi aussi Marco, j'ai plein d'idées à te soumettre mais avant je dois éclaircir quelques zones d'ombre à ton sujet...
-Je ne suis pas un criminel, si c'est ce que tu veux savoir, j'étais juste là au mauvais endroit, au mauvais moment c'est tout.
-Mais je te crois, mais comment as-tu rencontré Angéla, à quelle époque et quel âge avait elle?
Saisissant une chaise par son dossier pour s'y asseoir, Marco prit un verre de vin qu'il avait du commencer à boire un peu plus tôt...
-Si tu veux tout savoir, Angéla était la fille du Potier du village, elle m'était promise depuis sa plus tendre enfance, nos parents respectifs se détestaient cordialement et nous nous voyions en cachette après l'école et dans le creux d'un vieux chêne les week-end et vacances et puis un jour elle est parti en faculté de droit à Aix en Provence et n'était plus jamais revenue jusqu'au printemps 2001, année de la mort de sa mère, son père étant devenu dépendant et sénile et notre relation a vu le jour et avons pu vivre notre amour au grand jour....Satisfaite ou non?
-Bon, je note ,valide et atteste que tu n'es pas un criminel, mais un homme dans lequel on ne peut pas lire comme dans un livre, mais derrière ce faciès de marbre se cache un sacré romantique, tu devrais te laisser aller à la confidence comme tu viens de le faire, un peu plus souvent, afin de reprendre confiance en toi...et oui, je suis satisfaite par tant de clarté...
L'omelette était bien tombée et le vin qui l'accompagnait, aussi...
-Demain matin, nous irons voir le toubib "Charlie", c'est un ami, il faut qu'il t'examine, tu es très pâle...
-Si tu veux, je suis fatiguée c'est le surmenage, de toute façon, j'ai décidé de lever le pied et prendre du recul, je vais accepter ta proposition, enfin, si tu veux encore de moi à tes côtés... faisons un essai, un petit bout de chemin ensemble...
-Biensûr que je le veux, je crois que je t'aime...
à suivre...
Par petit filope
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